Le 24 juillet 2013, j’ai entamé un voyage dans un pays de l’Europe de l’Est afin d’y rencontrer une culture et une amitié. Je me suis surpris à devenir un homme nouveau et droit pendant ces deux semaines dépensées à plusieurs milliers de kilomètres de chez moi. Ce fût une expérience bouleversante mais aussi formidable. J’y ai découvert un pays que je veux revisiter et probablement même habiter. J’ai aussi vécu une expérience sentimentale qui fût au-delà de toutes mes attentes et qui changea clairement ma vision sur la question de l’amour.

Le prochain texte qui paraîtra sur ce blog aura mis un an à être écrit. La première ébauche de la fin de celui-ci (les dernières lignes donc) fût enregistrée la veille de mon départ pour retourner en France puis au Canada. Le reste fût écrit tout au long de cette dernière année: entre les cours, pendant un week-end, sur le coin d’une table. Il est aussi composé de certains textes lyriques que j’ai écrit pour d’autres occasions. C’est donc un énorme puzzle que j’ai essayé, de mon mieux, de racoler pour former un tout distinctif.

L’écriture de ce texte a été particulièrement éprouvante, tant par le défi technique que par la valeur sentimentale qu’il possède à mes yeux. Ce fût difficile, et ça l’est encore, de garder un ton et un style d’écriture constant qui ne change pas trop. Cela est dû en partie à cause de mon inspiration littéraire et de mes lectures. Je suis parti d’un style caricatural et jeune, moderne et cinglant (Emma Becker en est un bon exemple mais aussi Beigbeder), pour arriver à un style plutôt « vieille école » et inspiré de celui de Boèce, Nietzsche, Goethe ou Novalis. Mon style pouvait aussi changer parfois en fonction des journées, de l’humeur ou de la teneur en émotions du contenu raconté.  Quant au défi sentimental, ce texte relate d’évènements marquants pour mon cœur et ma pensée.

Entretenir un aspect global sur le texte est un exercice complexe et demandant. C’est assez difficile de croire que la correction apportée sur une phrase ou un paragraphe est la bonne et qu’il ne faut plus y toucher. Il y a sans cesse un nouveau mot ou une nouvelle formulation à écrire à chaque relecture. J’ai aussi au final décidé d’adopter un style de représentation semblable à « La consolation de Philosophie » par Boèce. Dernier détail, l’omission du lieu de mon voyage est un fait voulu.

Le propos intellectuel de ce texte est relativement large. Le premier objectif de cette rédaction était de mettre des mots sur des évènements et des ressentiments. Par la suite, j’y ai dressé des idées et des morales sur des questions d’identité nationale, de sentiments amoureux, et du voyage.

Alors voilà, quiconque lis ce blog verra apparaître dans les deux prochaines semaines un texte important que je considère être une partie du fruit de mes réflexions durant ces trois dernières années. À noter que le blog aura un léger changement visuel pour la publication du texte. Je suis aussi entrain de travailler sur un nouveau thème graphique pour le site! Pour finir, je ferai de mon mieux pour fournir une traduction anglaise de ce texte pour permettre à mes amis non-francophones de le lire.

Au plaisir!

Nounours Lelion

C’est une longue lame,

qui traverse la paroi de ma passion,

 

S’en suivit d’une main de fer,

qui m’arrache le cœur sans la moindre hésitation sur ce qui restera.

 

Que restera-t-il?

Un espoir en lambeaux,

Un rêve réduit à néant.

 

Ce ne sont pas les restes qui m’importent, mais ce qui part au loin dans un souffle inopiné,

Ton humeur, imperceptible,

Ton parfum, le couronnement d’une victoire,

Tes mots, trop barbares à mes oreilles.

 

J’apprends par une nuit pluvieuse la nouvelle alliance que tu as conclue.

Que puis-je espérer de plus sinon ton bonheur?

Ne serait-ce donc pas ce qu’un pauvre puisse espérer au mieux?

Je ne suis qu’un enfant dépourvu des éclats qui meublaient nos échos,

je deviens alors un pauvre recouvert de boue.

 

Je suis laissé en plant, sans couverts et sans rebonds,

À attendre une fois de plus devant l’éternelle impossibilité.

Me voilà maintenant amoureux comme un cœur lâchement lancé à la rue.

Un ivre sentimental, que nul ne saurait prendre en pitié.

Je peux sentir l’espoir me gagner à nouveau,

Il court le long de mes jambes jusque dans mon dos.

Apparaît alors un sourire surmonté de deux grands yeux aussi bleus que le ciel,

De long cheveux blonds en parfaite alchimie avec ses mouvements.

Je sens l’espoir s’emparer de mon cœur,

L’arracher de mon torse et déchirer toutes les nostalgies qui m’ont enterré dans le passé.

Je peine à écrire ce que j’éprouve pour celle qui sème le sésame,

Une demoiselle qui récolte le doux lilas.

L’espoir fait vivre, sa beauté me pèse.

Des joues éblouissantes ornent un sourire si gai,

Une voix aussi douce qu’un drap de soie,

Entrelacent la peur et l’inquiétude,

et les transforment en topazes, émeraudes et saphirs.

Je la regarde! Je regarde ce qui semble être une fée,

Je n’ose point l’imaginer entre mes bras,

Par peur de rendre honteuse mon audace.

Je m’éprends à fusiller mes atouts,

je suis lâche, cru et minable sur son passage.

Je suis curieux! Je veux tant la connaître!

Comprendre ce qui réside en ses yeux,

Seraient-ce des flammes ou la lumière du monde?

Goûter sa joie, croquante et sucrée,

Est-ce le doux parfum des anges?

Bénissez-moi! Que par la bénédiction d’un amour opportun,

Je puisse aborder la demoiselle,

Qui possède la topaze, l’émeraude et le saphir.

Ainsi commence alors,

Une histoire digne d’un conte perse.

Street-Art-in-Poitiers-FranceL’amour est une névrose à deux. En revanche, que se passe-t-il lorsque l’un des deux inséparables redevient saint d’esprit? La folie régnait en conquérante sur leur cœurs qui battaient sur le rythme de l’espoir et de l’évasion, jusqu’à ce que l’un d’eux retrouve la tête sur les épaules et remette les pieds sur terre. Si bien lancé dans sa chute et fidèle à son nom, l’inséparable entraîne avec lui sa douce moitié dans le grand abîme de la fatalité. C’est en ouvrant les yeux que cette douce moitié évite l’aveuglement par l’amour. “Je ne suis que le seul qui trouve encore un intérêt à l’aimer”, “comment peut-on être inséparables alors qu’un océan nous sépare littéralement l’un de l’autre?” Tels sont les premiers symptômes de la fatidique prise de conscience de la douce moitié. À l’autre bout du fils, l’inséparable commet l’irréparable. Un œil à gauche, un autre à droite, quelques mains baladeuses et la voilà sous l’emprise du sourire d’une autre, ou d’un autre, le langage ne saura le dire. L’amour est une névrose à deux, mais que devient-il lorsqu’il est à l’un ce que la raison est à l’autre? Ce névrosé agonise, s’éprend de ridicules formules d’espoir, “elle me manque” et “la plus belle chose qui puisse m’arriver”, les mêmes formules qui étaient mises en avant durant la suprématie de cette névrose. Le langage ne change pas son engouement pour le vainqueur et le vaincu. Entre temps, la névrosée fait mine d’ignorer, pire encore, d’oublier les années de réussite édifiées l’une après l’autre pour atteindre l’apogée du rêve. Qui a-t-il de plus beau que de vivre un rêve à deux? Sans aucun doute la destruction de celui-ci. Son anéantissement en cendres dans l’urne de l’oubli jusqu’à y enfermer l’hypocrisie avec laquelle on eut joué de celui qui su tout, qui vu tout, et qui dit presque tout.

Alors la raisonnée continue son petit bonhomme de chemin tandis que le névrosé cherche au plus profond de lui-même le peu de justice qui puisse être rendu. Il s’agit d’un espoir, malgré que l’amour soit une névrose à quatre mains, en dépit de la moitié du couple qui découvre la raison reste névrosée, et par conséquent, que la raison soit une névrose à seul.

Plusieurs évènements récents ont changé le cours de ma vie. Certaines ruptures ou fusions m’ont fait prendre conscience de mon besoin croissant de sensations et d’adrénaline. Le théâtre me rend vivant. Il ne me rappelle pas qui je suis mais qui je peux être et quelles sont les possibilités offertes à mon corps et à ma pensée. Ce 25 avirl 2014, j’ai joué Roméo de Shakespeare en anglais et ce fût de très loin l’un des évènements les plus mémorables pour moi!

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winter-contrast-in-krakow-poland-black-and-whiteIl se perd. L’hystérie le berce ici et là dans tous ses gestes. Son visage s’effondre en larmes, ses mains accourent de part et d’autre sur le corps inerte de sa fiancée.

Il ne se respecte plus. Il tombe sans prudence dans la laideur du regret et l’enfer repoussant.

- Est-il encore un homme ? Demandais-je

Nous pouvions voir sur ses yeux les traces indélébiles du délaissement qui deviendra de plus en plus présent au fil du temps. Il était entrain de perdre son statut d’homme pour devenir un lâche. Chaque doigt posé sur le corps de sa femme n’était autre qu’un pas de plus vers sa résignation à être lui-même. Cet homme voyait la perte comme la plus suprême des idolâtries faites au ciel. Aujourd’hui, il eut vu la perte de ses propres yeux et il commença à déroger de ses croyances. Son regard tourné maintes fois dans le vide pouvait indiquer son acceptation envers le contemplateur.

Plus les larmes ruisselaient sur le sol et plus les témoins se sentaient obligés de cracher par terre. Il a perdu son étoile et pourtant il peine à vouloir l’accrocher très haut dans les cieux. Il devenait repoussant, impossible à regarder tant il faisait honte. Il avait dérogé de sa pensée et c’en était lamentable.

La perte d’un être cher doit-elle conduire à la dérogation de soi ?

« Promets-moi de rester dans mes rêves. Rends-moi fou, fais de mon cœur une triste éponge imprégnée de ton odeur et de la belle mélancolie qui régnait en maître sur notre époque.

Devrais-je me tourner vers le contemplateur, demanda le résigné, et lui demander ses observations sur mon malheur ? J’ai peur qu’il rejette la faute sur mes mains. Ces mêmes mains qui ont pris l’audace d’inviter ma bien-aimée à danser pour toujours sur le rythme de nos cœurs.

Que peut-il faire, ce dur contemplateur ? Ses sourcils qui froncent ne m’aideront pas à me détacher de ma valeur. J’ai la valeur de la perte et la morale du passé ! Je juge les faits comme s’ils étaient d’hier alors qu’à ce jour je ne peux que juger l’admiration de ma mémoire pour mon amour.

L’ai-je perdue ? Ma femme se tient haute dans mon souvenir tandis que son corps s’est affaissé mollement sur le sol comme s’il avait perdu la plus fine volonté de marcher.

Nous avons la morale de l’intellectuel. L’idée domine injustement le corps et nous la supporterons même après la mort. Le contemplateur regarde les faits tels qu’ils sont et réagit selon nôtre grâce. Il réagit avec respect envers la fatalité des choses et cela me dégoûte au plus haut point. »

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Sous un gui,
J’ai embrassé,

La lune, le miel et les étoiles.

 

La lune est comme le cœur,

Petite à vue d’oeil mais intense à l’intérieur,

Le miel est rempli de saveurs, plaisant et jouissif,

Il est pareil à tes yeux,

Les étoiles sont les témoins de ma vie,

Elles observent chacun de mes faits et gestes,

puis réagissent avec entrain aux éclats de vivacité dont je fais preuve.

 

Sous un gui,

J’ai embrassé,

La lune, le miel et les étoiles,

En un instant, par tes lèvres,

en partageant tes yeux,

et en suivant la direction de ton nez.

Je m’extasie devant les mots qui décrivent tes idées.

Demande-moi jusqu’où la curiosité de l’homme est-elle légitime et je serai éblouie sans en comprendre la cause.

Suis-je amoureuse de toi, beau parleur sans fils et sans amarres?

Laisse-moi me présenter à ton aura!

Je suis une oreille enchantée,

La propagation des idées,

et l’audience de l’expression.

Chaleureuse comme une mère,

Je t’enseignerai à être écouté,

Tu apprendras à faire tendre l’oreille,

On saura qui tu es,

Nous célébrerons ta lucidité,

« Vous êtes là tels que vous êtes »

Ainsi seront-ils avertis par le rugissement de ta voix.

Rends-moi ivre par l’alcool de ta pensée,

parle, décris, exclame tes dégoûts et tes coups de cœur!

Je ne peux survivre que par le vin de ton langage, cru et abondant.